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Les secrets de la musique tzigane

Mis à jour : janv. 13

Quelles sont les caractéristiques des musiques tziganes ? Malgré un air exotique commun, elles sont très diverses. Elles échappent à la définition. On vous propose plutôt un panorama des musiques tziganes.





Les musiciens tziganes arrivent en Europe

Les gitans sont arrivés en Europe depuis l'Inde du Nord vers le 15e siècle. Le roi Ségismond les mentionne dans un document officiel en 1423. Ils sont à l'origine d'une nouvelle musique orientée vers la danse. Rapidement, elle se diffuse en Europe orientale et centrale, de même qu'en Espagne. Les musiciens tziganes sont protégés par les gens de la cour qui deviennent leurs mécènes. Le goût de l'exotisme est alors en vogue. Les aristocrates aiment les rythmes de «l'ungaresca», un nouveau style de danse. Entre les 16e et 18e siècles, les compositeurs classiques et puis romantiques s'inspirent de la musique tzigane. Parmi eux, il y a Haydn (qui travaillait pour la cour de Nikolaus Esterházy), Mozart ou Brahms. Ils créent les « verbunkos », des danses utilisées dans les campagnes itinérantes de recrutement militaire. En effet, la musique attire la foule de jeunes. Au 19e siècle, la musique de Bohème constitue le capital folklorique pour bâtir le patrimoine culturel des États modernes. Elle donne un son à la conscience nationale naissante. Un bon exemple de ce courant est le compositeur hongrois Franz Liszt qui réinvestit le style tzigane dans ses opéras. En outre, le développement des centres urbains attire les musiciens et les éloigne de leurs racines villageoises. Le style est donc affecté par la musique populaire urbaine. Le 20e siècle est marqué par une volonté de retour aux origines rurales de la musique tzigane. Des ethnomusicologues comme Zoltán Kodály et Bártok font un travail de recherche et de collecte approfondi.


La diversité de styles des musiques tziganes

Les Tziganes exercent la musique comme leur métier dans les cours et les villages. Ils se connectent alors avec les traditions musicales locales. Cette dernière est assimilée à l'idiosyncrasie tzigane résultant de longues migrations à travers le Moyen Orient. De plus, elle établit un pont entre cultures, que ce soit avec la danse courtoise ou le jazz au 20e siècle. Globalement, on distingue trois grands groupes en fonction des routes adoptées par les Tziganes : les chœurs polyphoniques russes et les musiques d’Europe centrale des Roms, le flamenco des Gitans andalous, le swing à cordes des Manouches. Le mélange des traditions se fait naturellement. La transmission orale facilite l'amalgame. C'est aussi pour cela qu'on parle des musiques tziganes au pluriel ! Les tziganes ont notamment côtoyé les klezmerims, des musiciens itinérants juifs qui partagent un sort similaire aux tziganes. Ils ont en commun une musique dansante et virtuose qui est assez présente en Europe de l’Est. La musique klezmer contribue ainsi à la richesse de la musique tzigane. Il y a cependant un trait récurrent. C'est la sonorité exotique à cause de l'intervalle de seconde augmentée. Elle marque une rupture par rapport à la gamme principale des musiques folkloriques, la pentatonique. Puis, l'interprétation des musiciens est d'une expressivité très prononcée pour l'époque. En Europe occidentale, il faut attendre le 19e siècle pour autant de liberté interprétative. Elle reflète l'état d'âme des peuples tziganes marqués par la douleur et la précarité.


Les musiques tziganes et les instruments


De caractère nomade, le peuple tzigane a emprunté les instruments caractéristiques des régions d'accueil. En Roumanie, on retrouve le violon (bratsch) et les flûtes (flûte de Pan, caval et nai). Dans le sud des Balkans, l'accordéon à piano et la clarinette prédominent. La guitare à sept cordes et la balalaïka sont caractéristiques de la musique tzigane de Russie. La Turquie a transmis le kanon, une sorte de cithare, la darbouka et l'oud. En Hongrie, c'est le cymbalum, une cithare à cordes frappées à l'aide de baguettes, qui s'exprime. Finalement, les deux instruments que l'on entend le plus souvent sont le violon et la guitare. En effet, ils sont faciles à transporter ! Aujourd'hui, la musique tzigane a aussi intégré le saxophone, rendu populaire par le jazz. Il y a différents formats de groupe. D'une part, les groupes où chacun joue un instrument différent sont appelés les Tarafs. Les hongrois sont réputés par leurs orchestres. Puis, les fanfares rom sont l'héritage militaire de la musique tzigane. Dans les groupes de jazz manouche et le flamenco, la guitare est protagoniste, même si la voix est très présente chez le second.

Les grands noms des musiques tziganes



Une musique traditionnelle a toujours ses grands musiciens. Les grands guitaristes des musiques tziganes sont Paco de Lucia, figure du flamenco ou Django Reinhardt, symbole du jazz manouche en France. Son cousin, Franz Schnuckenack Reinhardt, était aussi un violoniste virtuose. Toujours chez les violonistes, Roby Lakatos est le fils d’une dynastie de musiciens hongrois et il excelle dans la musique tzigane. Kálmán Balogh est un joueur important de cimbalom hongrois. Du côté des voix tziganes, il y a des chanteuses d'exception. Maria Tănase était une grande chanteuse roumaine alors que Ljiljana Buttler était une chanteuse populaire Serbe. Esma Redžepova-Teodosievska était une chanteuse yougoslave puis macédoine qui a représenté son pays à l'Eurovision en 2013. Du côté des hommes, Florin Salam est un chanteur roumain de manele, un style musical des Balkans, en pleine carrière. Et bien sur, le groupe marseillais Basilic Swing ! Ce n'est qu'une brève sélection parmi d'excellents musiciens des musiques tziganes.



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